FT-02-02 Communication NonViolente
La “Communication NonViolente” (c’est un nom propre) est un ensemble de techniques de communication qui vise à inciter les personnes à communiquer avec bienveillance.
Les deux paradigmes
Pour symboliser les deux paradigmes (c’est-à-dire deux visions du monde différentes, en l’occurrence deux modes de communication opposés) l’iventeur de de la CNV utilisait la métaphore de la girafe et du chacal :
Le chacal symbolise notre manière habituelle de nous exprimer, à laquelle nous avons été conditionnés dès notre enfance. Un mode de communication basé sur les jugements, la morale, les étiquettes, les exigences, le désir d’avoir raison et le déni de responsabilité (c’est l’autre qui est responsable de mon malheur : « je me sens comme ceci, parce que TU as fait cela. »)
La girafe quant à elle, est l’animal terrestre qui a le plus grand coeur (ce qui est bien nécessaire pour pomper le sang jusqu’à son cerveau). Elle symbolise donc le langage de la bienveillance et du coeur. Avec son long cou, elle prend de la hauteur et peut voir loin. Elle est donc aussi la métaphore d’un langage empreint de conscience.
Ces métaphores de la girafe et du chacal sont une aide pour nous déconditionner du langage auquel nous sommes habitués. La Communication NonViolente ne dit pas qu’il est « mal » de parler en mode chacal, et qu’il « faut » parler girafe. Elle invite à prendre conscience que dans notre rapport à nous-même et aux autres, nous sommes parfois sur un mode chacal, parfois sur un mode girafe. Elle nous propose un processus de conscientisation, nous permettant d’aller plus souvent vers un mode d’interaction gagnant-gagnant (dans lequel les besoins de chacune et de chacun sont pris en compte).
Les quatre étapes
La Communication NonViolente repose sur un processus en quatre étapes, que l’on nomme également OSBD (pour Observation, Sentiment, Besoin, Demande) :
La première étape est celle de l’Observation : que se passe-t-il, d’un point de vue neutre, objectif ? Nous tentons de décrire la situation, les faits, de manière objective. « Tu es toujours en retard » n’est pas une observation, c’est un jugement. En revanche, « tu es arrivé trois fois après 9h cette semaine » est une observation.
La deuxième étape est celle du Sentiment : quand il se passe [observation] comment est-ce que je me sens ? La plupart d’entre nous n’avons pas de réelle facilité à mettre un mot sur notre ressenti, ce que nous appelons sentiment n’en est d’ailleurs pas toujours (incompris, rejeté, trahi, ne sont pas des sentiments par exemple, car ils impliquent autrui, tandis que ébahi, paisible, fâché, morose sont des sentiments).
La troisième étape est celle de se relier au Besoin : je me sens [sentiment] parce qu’au fond, j’ai besoin de quoi ? Le besoin en CNV, est l’énergie qui nous pousse à agir. Nous avons tous les mêmes besoins, mais nous pouvons avoir des stratégies très différentes lorsqu’il s’agit de satisfaire ces besoins.
La quatrième étape consiste à faire une Demande. Cette demande est formulée positivement, (ce que je veux, plutôt que ce que je ne veux pas) elle est concrète, précise et ouverte (si je ne suis pas prête ou prêt à entendre un « non » à ma demande, alors c’est une exigence et non une demande).
Distinguer un besoin d’une stratégie : j’ai besoin de me nourrir. Je n’ai pas besoin de chocolat. Le chocolat est une stratégie pour me nourrir. D’ailleurs le chocolat peut aussi être une stratégie pour nourrir un besoin différent, de réconfort par exemple.